El Anka – الحمد لله ما بقاش إستعمار في بلادنا

Dieu soit loué, il n’y a plus de colonisation dans notre pays” (الحمد لله ما بقاش إستعمار في بلادنا) est le début d’un chant révolutionnaire écrit par El Hajj El Anka et qui se fait connaître le jour de l’indépendance algérienne, le 5 juillet 1962. Par Hakim.

Le 5 juillet 1962, l’Algérie est officiellement libérée du joug français. À 00h05, résonne à la radio une chanson que le père de la musique Chaâbi lui-même, le Hajj Mohammed Al Anka avait écrit des années auparavant et qu’il n’avait jamais pu jouer jusqu’à ce jour. Il s’agit de « Al hamdoulilah mab9ach isti3mar fi bladna » ; « Dieu soit loué, il n’y a plus de colonisation dans notre pays » 

 Dieu soit loué, il n’y a plus de colonisation dans notre pays.

L’épée de l’injustice a été brisée au combat par les braves 

Les hommes ont donné leurs vies dans nos forêts, déserts et montagnes

Longue Vie à l’Algérie libre et à sa jeunesse

Longue vie à l’Algérie libre, à ses hommes et à ses femmes

الحمد لله ما بقاش إستعمار في بلادنا

إتكسر سيف الظلم في الحروب هلكوه الشجعان

ضحات الرجال في الغيب والصحراء وجبالنا

تحيا الجزائر حرة و يحياو الشبان

تحيا الجزائر حرة رجال ونسوان

 

Voici les quelques vers de ce poème écrit par El Hajj El Anka considéré comme père de la musique Chaâbi Algérienne et que l’on surnomme aussi « Le Cardinal ». Cet homme à la fois grand musicien et patriote, était aussi un homme de foi,i comme l’indiquent aussi bien les poèmes qu’il a écrit mais aussi son appellatif « El Hajj », titre que l’on accorde aux Musulmans qui ont effectué le pèlerinage à la Mecque.

En 1962, l’Algérie sort d’une guerre de libération qui a fait de nombreuses victimes. Malgré cette période sanglante où la pratique de la musique avait beaucoup diminué, les musiciens Chaâbi avaient quand même joué leurs rôles. Le fils de Al Anka affirme, dans le documentaire El gusto , détenir encore des lettres que son père recevait des maquisards qui lui demandaient de les soutenir à travers ses chansons. Que cela soit en France ou en Algérie, beaucoup de joueurs Chaâbi soutenaient le FLN au travers de métaphores dans leurs chansons, le passage de messages ou d’armes ou encore le reversement d’une partie de leurs recettes au FLN.

Cette chanson devenue presque un hymne à la libération, retentit dans l’Algérie tous les 5 juillet pour célébrer la libération en rendant hommage aux sacrifices des femmes et des hommes qui ont lutté pour l’indépendance algérienne. Les écoliers l’apprennent d’ailleurs dès leur plus jeune âge. Elle fait aussi référence à la place de la religion musulmane au sein de la société algérienne, longtemps victime de propagande par le gouvernement français dont la politique coloniale passait par l’effacement de la culture et de la religion des colonisés, cœur de leur l’identité.

 

Par Hakim

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