Colonisation au 21e : Palestine, pays étouffé

L’occupation coloniale n’est pas un fait du passé. Au-delà des livres d’histoire, il faut savoir évoquer la colonisation contemporaine. L’un des exemples les plus flagrants reste celui de la Palestine qui subit une occupation aggravée depuis des décennies. Ce 1er Juillet 2020, le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou était sensé présenter un plan d’annexion faisant écho au plan Trump révélé en début d’année et négocié de manière unilatérale avec Israël. Les conséquences en sont désastreuses. On vous propose de revenir sur les grandes dates du conflit israélo-palestinien.

 

Les origines

Lors de la période néolithique (3000 ans avant J-C), le territoire palestinien est sous l’emprise de la population cananéenne. En -1175, le territoire est envahi par les Philistins, puis par les Hébreux d’Egypte. Suite à la mort du roi Salomon, le territoire est divisé en deux : au nord se trouve le Royaume d’Israël et au sud le Royaume de Juda. En -722, ces royaumes disparaissent sous l’Empire assyrien, qui lui-même tombe face aux babyloniens vers -609. Sous l’autorité des Séleucides, la communauté juive est minoritaire. Puis, lors de la domination romaine du territoire, les juifs sont expulsés après une tentative de révolte.

Au VIIème siècle, la Palestine est conquise par les Arabes. Dès lors, Jérusalem est proclamé lieu sacré de l’Islam. En 1516, l’Empire ottoman parvient à conquérir la Palestine. Elle est alors placée sous son autorité. En 1896, suite à une vague de persécution contre les juifs en Europe, le sionisme naît et entraine un mouvement migratoire en Palestine. Ce mouvement est encouragé par Theodor Herzi. Il publie la même année son ouvrage, L’Etat des juifs, dans lequel il appelle à la création d’un Etat juif en Palestine. Cet Etat serait pour lui « un élément du mur contre l’Asie ainsi que l’avant-poste de la civilisation contre la barbarie ».

L’Organisation sioniste mondiale est constituée en 1897, lors du premier congrès mondial à Bâle. L’objectif est de mettre fin à l’exil des juifs et de réaffirmer leurs droits. Dans la même optique, l’Agence juive pour la Palestine et le Fonds national juif facilitent le rachat de terres par les pionniers juifs sur le territoire palestinien. La première colonie est née. Au XIXème siècle, l’Empire ottoman est convoité par la Grande Bretagne. L’Empire présente des intérêts économiques mais également des intérêts géographiques majeurs car il permet l’accès vers les Indes.

 

Pendant la première Guerre Mondiale

À l’époque, la France et la Grande-Bretagne, les deux grands empires coloniaux, se démarquent par leur rivalité coloniale insatiable. Ils s’intéressent particulièrement au proche et Moyen-Orient, dont une grande partie est sous le contrôle de l’Empire ottoman. Toutefois, les Français, les Britanniques, et même les Allemands possèdent une certaine influence sur ces territoires, de sorte qu’en réalité le Moyen-Orient est partagé entre l’Empire ottoman et les influences européennes. En 1916, la France et la Grande Bretagne signent secrètement les Accords Sykes-Picot, se répartissant ainsi les provinces arabes de l’Empire ottoman en anticipant sa chute. Les frontières aux Moyen-Orient sont alors redessinées : la France obtient la Syrie, le Liban, et la région du Mossoul au nord de la Mésopotamie, tandis que la Grande Bretagne obtient le reste de la Mésopotamie (Irak) et la Transjordanie. Quant à la Palestine, celle-ci devient une zone internationale.

Sous la crainte de voir émerger la création d’un grand État arabe unifié après l’éclatement de l’Empire ottoman, la Grande Bretagne favorise l’implantation d’un « Foyer National Juif » en Palestine. L’établissement de ce foyer juif est annoncé en 1917, par le ministre britannique des Affaires étrangères, Lord Balfour dans une tentative de ralliement des communautés juives. La Société des Nations, à peine née, proclame le mandat britannique en Palestine dans l’objectif principal de faciliter la création d’une colonie juive de peuplement en Palestine. En 1922, les premiers colons arrivent. Très vite, la création des colonies attise des conflits entre Arabes et colons juifs. L’arrivée d’Hitler au pouvoir pousse de nombreux juifs à se réfugier en Palestine. Dès 1936, cette nouvelle vague d’immigrants entraine une Grande Révolte Arabe en Palestine. C’est un contexte troublé, marqué par de nombreuses violences entre Arabes, sionistes et britanniques.

La Grande Bretagne va alors proposer le plan Peel en 1937, dans l’optique d’un partage de la Palestine en deux États. Cependant, ce plan résultera en un échec. Dès lors, l’approche britannique est radicalisée, ils décident de mettre en place une politique encourageant la répression contre les arabes.

Pendant la seconde Guerre Mondiale 

Les événements de la Grande Révolte favorisent la rédaction du Livre blanc de 1939 par les britanniques. Pour la première fois, est envisagée une restriction du nombre annuel de la migration juive, ainsi qu’une règlementation du transfert des terres arabes aux juifs. L’objectif est d’apaiser les soulèvements des populations en Palestine. Le Libre blanc de 1939 envisage également l’indépendance de la Palestine dans un délai de 10 ans. 

Certaines organisations sionistes réagissent violemment pour marquer leur opposition au Libre blanc. Dès 1939, une série d’attentats anti-britanniques sont commis. En 1942, se fait entendre pour la première fois la prétention de la création d’un État juif en Palestine. En 1947, alors que de violents affrontements éclatent en Palestine, la Grande Bretagne décide de mettre un terme à son mandat et remet la question de la Palestine entre les mains de l’ONU.

 

Le plan de partage de l’ONU :
début d’indépendance pour Israël, injustice pour la Palestine

En 1947, l’Assemblée générale de l’ONU vote l’adoption d’un plan de partage de la Palestine entre un Etat juif, un Etat arabe et une zone sous contrôle international de l’ONU. Ce plan sera rejeté par les nations arabes en raison du déséquilibre territorial en faveur de l’Etat juif qui est proposé. Le plan de partage de l’ONU est donc perçu comme une injustice. Une guerre éclate entre les Palestiniens et les Juifs suite à ce plan. Le 14 mai 1948, c’est sous ces affrontements violents que la Grande Bretagne quitte finalement la Palestine.

Ben Gourion lisant la déclaration d’indépendance, AFP

 

L’indépendance de l’Etat d’Israël,La Nakba (1948-1949)

En mai 1948, suite à la sortie des britanniques du territoire palestinien, les colons israéliens ont acquis la fin du mandat britannique comme l’indépendance de l’Etat d’Israël. Le 15 Mai 1948, l’Etat d’Israël est proclamé et la guerre éclate. Les armées de la Transjordanie, de l’Égypte, du Liban, de l’Irak et de la Syrie envahissent le territoire. Cependant, l’État sioniste, bien armé et soutenu par les États-Unis, sort vainqueur du conflit contre les États arabes manquant de coordination.

La Nakba signifie « catastrophe » en arabe. Le terme est employé pour désigner le déplacement forcé de plus de 800 000 Palestiniens de leurs terres et la destruction de plus de 500 villages par les forces israéliennes entre 1947 et 1949. Du 23 février au 20 juillet 1949, des accords d’armistice sont signés entre les parties au conflit, permettant à l’État juif d’étendre son territoire. L’État d’Israël procède alors à une expulsion massive de près de 900 000 palestiniens de leur terre natale. Ceux-ci sont forcés de s’entasser dans des camps de réfugiés des Nations Unies dans les États voisins. La résolution 181 relative au plan de partage de l’ONU n’est pas respectée. L’État arabe n’a jamais vu le jour, et l’État d’Israël n’a cessé de s’étendre depuis.

 
Proclamation de l'État d'Israël le 14 mai 1948. Rue des Archives/Tallandier
Des Palestiniens fuyant les combats de la première guerre israélo-arabe, 1948. JIM PRINGLE/AP

 

La guerre des 6 jours

 En 1967, suite à une succession d’événements, les tensions entre l’Etat d’Israël et les pays arabes s’intensifient. L’alliance entre l’Egypte et la Syrie est renforcée après l’adhésion de la Jordanie et de l’Irak le 4 juin 1967. L’Etat d’Israël se retrouve ainsi encerclé d’Etats ennemis. Se sentant menacé par le blocage égyptien du détroit de Tiran, Israël lance une offensive contre l’Egypte et la Jordanie. En moins d’une semaine, Israël parvient à anéantir les forces militaires égyptiennes, jordaniennes et syriennes.

À l’issue de cette guerre, Jérusalem-Est, la Cisjordanie, le Sinaï, le plateau du Golan et la bande de Gaza sont conquis. Depuis la guerre de 1948, la ville de Jérusalem était coupée en deux. D’un point de vue religieux, l’obtention de Jérusalem constitue un gain inestimable. L’euphorie est à son comble à Israël, sans égard pour le plan de partage de l’ONU, lequel prévoyait pourtant un statut international pour Jérusalem.

 

La guerre du Kippour (1973)

Après la victoire d’Israël, la frustration du peuple palestinien, poussé à l’exil, subsiste et les combats se renforcent.En 1973, l’Egypte et la Syrie attaquent Israël dans l’objectif de venger les humiliations passées et de consolider leur légitimité. Israël va contre-attaquer et parvient à pénétrer en Syrie et à traverser le canal de Suez. Les israéliens avaient été surpris par l’attaque égyptienne et syrienne. Ils ne pensaient pas que les pays arabes avaient les capacités militaires pour reconquérir les territoires colonisés. Suite aux pressions des États-Unis et de l’Union soviétique, les pays aboutissent à un cessez-le-feu le 25 octobre 1973. En 1979, un accord de paix est signé en conformité aux accords de Camp David de 1978, engageant l’Egypte à ne plus attaquer Israël et gagnant le retour du Sinaï. Israël ressort de la guerre avec un allié. Encore aujourd’hui, l’Egypte assure le respect des engagements pris en 1978.

 

L’OLP et la tentative de création d’un État  

À la fin des années 90, l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) parvient à un accord avec Israel pour le partage du territoire entre la Palestine et Israël. En 1988, se tient la dix-neuvième session du Conseil National à Alger, lors de laquelle l’OLP proclame l’Etat de Palestine. Elle adopte la déclaration d’indépendance de la Palestine le 15 novembre 1988. L’OLP va également reconnaître la résolution 181 de l’ONU sur le partage de la Palestine, les résolutions 242 et 338 sur la reconnaissance de l’Etat hébreu et le retrait des Forces juives des territoires occupés.

L’OLP, créée en 1964, était à l’origine une organisation violente, mais en 1988 elle condamne le terrorisme sous toutes ses formes afin de favoriser la création de l’Etat palestinien. Suite à la proclamation de l’OLP, 90 Etats reconnaissent l’Etat palestinien.Cette organisation marque la volonté du peuple palestinien à se battre pour la création d’un Etat de Palestine.

 

L’Intifada (« soulèvement » en arabe)

« Nous imposerons la loi et l’ordre dans les territoires occupés, même si cela doit se faire dans la douleur. » « S’il le faut, brisez-leur les bras et les jambes. » avait déclaré le ministre de la Défense israélien Yitzhak Rabin pour mettre fin au soulèvement des Palestiniens. 

La première intifada sévira dans les territoires occupés, elle durera près de 6 ans et engendrera la mort de plus de 2000 palestiniens et 160 israéliens. Elle est la conséquence de l’accumulation de facteurs de natures variées. Les palestiniens sont victimes d’humiliations quotidiennes, leurs conditions de travail sont difficiles, l’accès aux autorisations pour se déplacer et travailler est trop rare ou très conditionné, les perquisitions et fouilles à domicile se multiplient, certaines sources d’eau sont détournées au profit des Israéliens… Bref, l’expansion des colonies et les conditions d’occupation enflamment le mécontentement de la population. Une solution pacifique parait elle aussi lointaine, du fait de la stagnation du processus de paix. L’Autorité Palestinienne est en mal, le Fatah qui avait installé un « Etat dans l’Etat » au Royaume de Jordanie est chassé par le Roi (voir « Septembre Noir »), l’OLP, quant à elle, est en exil à Tunis. L’inefficacité des représentants de l’Autorité palestinienne laisse place à l’insurrection et la colère. La jeunesse palestinienne, adolescents et jeunes adultes, décide de prendre les choses en main. L’intifada reste à ce jour, encore, un symbole mondial de la désobéissance civile.

Les affrontements commencent en décembre 1987. Le 6, un officier israélien est poignardé. Le 8, un camion militaire israélien écrase quatre palestiniens et en tue trois à proximité d’un checkpoint. La « guerre des pierres » éclate, les moyens d’action utilisés par les jeunes palestiniens sont majoritairement les barrages de routes à l’aide de pneus enflammés, les cocktails molotov, le lancer de pierre contre les postes et les militaires israéliens, les grèves… Les palestiniens souhaitent s’organiser pour faire changer les choses, c’est d’ailleurs au cours de la première intifada que le Hamas naît. 

Afin de réprimer le soulèvement, l’armée israélienne est autorisée à ouvrir le feu en cas d’attaque par un individu âgé de plus de 12 ans. Premièrement, un tir au-dessus de la foule, puis dans les jambes si la « menace » persiste. Un tir au thorax ne peut être enclenché qu’en cas de légitime défense. Sans surprise, ces règles ne sont pas toutes respectées. De nombreuses images et vidéos choquantes et violentes font le tour du monde. Ces images ont souvent pour thème des soldats agissant violemment contre des insurgés palestiniens. L’une de ces vidéos avait provoqué l’indignation de l’opinion publique en montrant des soldats briser les mains de deux jeunes enfants palestiniens à coups de pierre. D’autres mesures punitives sont prises, comme l’instauration de couvre-feu et la destruction de maisons abritant les manifestants.

En 1988, alors que l’intifada est toujours en cours, l’OLP déclare l’indépendance de la Palestine avec Jérusalem pour capitale le 15 novembre à Alger, après que la Jordanie ait renoncé à la souveraineté sur la Cisjordanie. L’intifada prend fin avec la conclusion des accords d’Oslo en 1993, considérés comme la reconnaissance mutuelle entre Israël et la Palestine et un grand pas vers une solution à deux Etats.

 

L’espoir et les Accords d’Oslo

Les accords d’Oslo sont signés à Washington par Yitzhak Rabin (Israel), Yasser Arafat (OLP) avec la présence de Bill Clinton. Cette action progressiste et tripartite vaudra un Prix Nobel de la paix à Arafat et Rabin en 1994. Ces accords, fruits d’une série de discussions secrètes à Oslo, marquent le début de négociations réciproques entre Israël et la Palestine pour l’avenir du territoire. Les territoires palestiniens sont divisés en trois zones pendant une période de 5 ans : des zones sous contrôle exclusif palestinien « zone A », des zones sous contrôle exclusif israélien « zone C » et des zones sous contrôle commun « zone B ». Le but étant qu’après les 5 ans, les zones C deviennent des zones A et B.

Cette répartition est conclue en 1995, à l’occasion de l’accord Oslo II. On peut penser que ces accords ont été bénéfiques. Néanmoins, la Zone C sous contrôle exclusif d’Israël contient la grande majorité des terres agricoles, ressources minérales et ressources d’eau de Cisjordanie. Ce qui ne permet pas aux agriculteurs palestiniens d’user de l’eau comme bon leur semble pour cultiver leurs terres. Cette même année, en 1995, un extrémiste sioniste, Yigal Amir, assassine Yitzhak Rabin le jour d’une manifestation pour la paix en soutien aux accords d’Oslo. En effet, et ce depuis la conclusion des accords d’Oslo en 1993, Rabin était devenu progressivement une cible des groupes d’extrême-droite israéliens, comme le Likoud dont Benyamin Netanyahou, l’actuel premier ministre israélien, était un leader. Une fois encore, la paix n’est plus à portée de main et le conflit ressurgit plus vif que jamais.

Devant Bill Clinton, Yitzhak Rabin et Yasser Arafat se serrent la main, scellant l’officialisation du processus de négociations, qui aboutira en 1994 puis en 1995 aux accords d’Oslo. 13 septembre 1993. Ron Edmonds/AP/SIPA

 

Intifada II ou Intifada Al Aqsa

Le nouveau siècle est marqué par la deuxième intifada. Beaucoup plus meurtrière et destructrice que la première, elle fera 6000 morts dont 4500 palestiniens. Les accords d’Oslo sont un échec, la colonisation se poursuit et il n’y a plus rien pour garantir la collaboration entre les deux Etats. Cet échec diplomatique est illustré par le sommet de Camp David II organisé par Bill Clinton en juillet 2000 au cours duquel Ehoud Barak, premier ministre israélien, et Yasser Arafat n’ont pas pu se concilier sur le statut de Jérusalem-Est et sur la question des réfugiés palestiniens.

Néanmoins, l’évènement directement déclencheur de la deuxième intifada reste la visite d’Ariel Sharon (chef de l’opposition israélienne Likoud) sur l’esplanade des mosquées aussi appelée « esplanade du temple » par les juifs et convoitée par les colons. Les Palestiniens voient cette visite comme une provocation, la lutte se revêt d’un caractère religieux. Les affrontements commencent le lendemain entre palestiniens et forces de l’ordre israéliennes, en 24 heures, 7 palestiniens sont tués. Le surlendemain, ce sont 26 palestiniens qui perdront la vie.

Le 7 octobre 2000, le Conseil de sécurité de l’ONU adopte la résolution 1322 déplorant l’acte de provocation d’Ariel Sharon sur l’esplanade des mosquée. Une rencontre entre Yasser Arafat et Shimon Peres (ministre israélien) est organisée pour mettre fin aux violences mais les négociations sont interrompues par une série d’attentats-suicides et à la voiture piégée perpétrés par les insurgés palestiniens. Des bus sont détournés, des bus scolaires sont explosés, les tirs de roquettes et les raids aériens fusent des deux côtés. La révolte est d’une violence et d’un acharnement terrifiants et les évènements sont innombrables. L’une des images les plus douloureuses de l’intifada II est celle de Mohammed al-Durah, cet enfant âgé de 12 ans mourant sous les échanges de tirs entre israéliens et palestiniens avec son père essayant de le protéger en vain. Des images relayées par le journaliste franco-israélien Charles Enderlin et sujettes à la controverse encore aujourd’hui.

L’intifada II se stabilisera de manière effective en 2006 même si la trêve est déclarée le 8 février 2005 entre Ariel Sharon et Mahmoud Abbas en Egypte, Yasser Arafat ayant connu la mort à Paris en 2004.

Un policier israélien et un Palestinien s’opposent à Jérusalem. 13 octobre 2000. REUTERS/Amit Shabi.

 

Vers l’intifada III ?

Depuis ces évènements, une troisième intifada est redoutée. Le 25 janvier 2006, le Hamas prend le pouvoir à Gaza, un an plus tard, les Israéliens imposent un blocus à la bande de Gaza privant les Gazaouis de ressources de première nécessité telles que le carburant, des produits alimentaires et instaurent une surveillance accrue sur cette zone. Entre 2008 et 2009, 1400 Gazaouis perdent la vie pendant une série d’attaques militaires israéliennes. Mais l’offensive israélienne la plus meurtrière sur Gaza fut celle de 2014. Les attaques se multiplient dans les deux camps (attaques au couteau par les Palestiniens en 2015) et la situation risque encore de se détériorer.

Le Great Deal of the Century Trumpiste

« Ils réagiront peut-être négativement dans un premier temps, mais en fait [ce plan] est très positif pour eux » 

Afin d’instaurer une fin et une paix durables au conflit israélo-palestinien, les Etats-Unis ont eu une brillante idée : laisser le gendre de Donald Trump décider d’un plan de paix réalisé de manière unilatérale avec Israël. Non ce n’est pas une blague, le président américain s’en est d’ailleurs félicité et a listé les « bénéfices » qu’en tireraient les palestiniens en leur assurant l’accès à la mosquée « Al Aqwa », une mosquée existant depuis le 7èmesiècle, se nommant en fait Al Aqsa et étant l’un des monuments religieux majeurs de Jérusalem.  Il est difficile d’argumenter le fait que cela ne traduit pas une énième provocation et humiliation envers la population palestinienne. Les principaux intéressés manquent à la table des « négociations » et n’ont aucune voix en la matière. Quelle est donc la légitimité de ce plan ? Est-elle d’ailleurs vraiment recherchée ?

Le contenu du plan peut être lu ici mais en résumé, voici ce dont il dispose :

  • Les Palestiniens doivent reconnaitre l’Etat d’Israël et adhérer à l’Organisation Sioniste Mondiale
  • Israël a la possibilité d’annexer la vallée du Jourdain (frontalière avec les autres pays arabes, dans un soucis de sécurité) et quelques parties de la Cisjordanie situées près des colonies existantes (des colonies de peuplement ayant été installées et entourant des grandes villes Palestiniennes comme Naplouse, Ramallah, Bethleem et Hébron afin de limiter leurs extensions)
  • Jérusalem est la capitale seule d’Israël
  • Les Palestiniens se contenteront d’une ville limitrophe : Abou Dis (« Elle pourrait éventuellement être nommée Al-Quds (Jérusalem en arabe) »).
  • Tout fidèle de toute croyance confondue pourra prier sur l’esplanade des mosquées (anciennement réservée aux musulmans)
  • La Palestine devra se démilitariser
  • Le retour des réfugiés palestiniens dans les zones palestiniennes sera conditionné
  • Le plan prévoit aussi des compensations financières ou le financement d’infrastructures en Palestine

Certains voient ce plan comme un contrat de vente de la Palestine. Haaretz, journal israélien, s’est exprimé sur ce « plan du siècle » et considère qu’il « est rédigé de manière à ce que les Palestiniens le rejettent. Et peut-être était-ce là tout le plan ». Pour rappel, le parlement israélien avait voté, en février 2017, une loi légalisant les colonies israéliennes en Cisjordanie du fait de leur construction faite de « bonne foi ». A l’issue du plan, Israël devrait s’accaparer un peu plus de 35% de la Cisjordanie.

Les territoires palestiniens sont sujets à de nombreuses exploitations coloniales depuis des années, les colonies sauvages ne font qu’augmenter, certains sites touristiques (TripAdvosir, Airbnb…) proposent de nombreux services dans ces zones occupées dont des visites touristiques guidées. En 2016, le 23 décembre, le Conseil de Sécurité de l’ONU adopte la résolution 2334 condamnant la colonisation israélienne dans les territoires palestiniens occupés. La résolution est immédiatement condamnée par Benyamin Netanyahou, actuel premier ministre, membre historique du Likoud. 

« Au moyen de points de contrôle et de barrages routiers, les autorités israéliennes ont continué de restreindre la liberté de circulation des Palestiniens et Palestiniennes dans les territoires occupés. Elles ont placé illégalement en détention des milliers d’entre eux – plusieurs centaines de personnes ont ainsi été maintenues en détention administrative sans inculpation ni procès. Des détenu·e·s, y compris des enfants, ont été soumis à des actes de torture et à d’autres mauvais traitements, en toute impunité. Plus de 900 Palestinien·ne·s ont été déplacés en Cisjordanie après la démolition de leurs habitations par Israël ». Amnesty International, rapport 2019

La viabilité de la solution à deux Etats parait de plus en plus inatteignable. L’Etat palestinien prévu par le plan ressemblerait à un « gruyère suisse », il serait démantelé sans unification territoriale aucune, Israël profiterait, lui, d’une continuité territoriale ininterrompue. Le plan a été rejeté par les Palestiniens ainsi que la majorité de la communauté internationale. Depuis l’annonce du plan, le Hamas a appelé à une nouvelle intifada. Hier, le mercredi 1er juillet 2020, Benyamin Netanyahou devait s’exprimer sur un plan d’annexion de la Cisjordanie. Mais aucune annonce n’a été faite, les interrogations subsistent alors.

 

Par Fatna, Nadia et Sania.



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.